L’autre jour, j’ai fait des pompes avec Angelina, six mois, installée juste en dessous de moi, ravie de profiter de chaque descente pour avoir droit à quelques chatouilles.

Ce n’était pas exactement la séance que j’avais imaginée.

Il y a les jours où faire du sport ressemble à ce qu’on espérait : un peu de calme, du temps devant soi, peut-être même le luxe de finir sans être interrompue. Et puis il y a les jours où on essaie simplement de bouger entre une sieste, un goûter, un bébé qui réclame notre attention et quelqu’un qui a soudainement besoin d’un câlin.

J’ai longtemps eu tendance à considérer ces petites séances comme des séances ratées : pas assez longues, pas assez intenses, trop interrompues pour vraiment compter.

Mais pourquoi ?

Dix minutes de mouvement avec les enfants autour de moi, c’est quand même bouger. Quelques exercices par terre avec un bébé juste à côté, c’est quand même prendre un peu de temps pour son corps. Et transformer une séance en jeu parce qu’un tout-petit a décidé de participer ne la rend pas moins valable.

Elle est simplement différente.

Je crois qu’on attend parfois de pouvoir reprendre soin de soi « correctement ». Quand on aura plus de temps, quand les enfants dormiront mieux, quand l’organisation sera plus simple.

Sauf que la vie avec de jeunes enfants offre rarement une heure parfaitement libre au milieu de la journée.

Alors j’essaie de ne plus attendre les conditions idéales. Certains jours, j’ai le temps de faire une séance plus longue, au calme. D’autres, je bouge cinq ou dix minutes dans le salon avant d’être interrompue.

Et les deux comptent.

Parce que prendre soin de soi ne ressemble pas toujours à s’extraire de sa vie de famille pendant une heure. Parfois, cela consiste simplement à réussir à se faire une petite place à l’intérieur de cette vie-là.

Même si elle ne dure que cinq minutes.