Parfois, on voit bien que quelque chose ne va pas. Notre enfant est contrarié, tendu ou au bord des larmes, mais dès qu’on lui demande ce qui se passe, il se ferme.

Il répond « rien », détourne le regard ou s’énerve encore davantage. Ce silence ne veut pas forcément dire qu’il refuse de nous parler. Il peut simplement ne pas savoir comment transformer ce qu’il ressent en mots.

Ne pas être prêt à parler ne signifie pas que l’émotion doit être ignorée.

Quand les questions ajoutent de la pression

Quand notre enfant va mal, nous voulons naturellement comprendre. Alors nous demandons : « Qu’est-ce qu’il y a ? », « Pourquoi tu pleures ? », « Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Mais au cœur d’une grosse émotion, répondre peut sembler impossible. L’enfant doit à la fois comprendre ce qui se passe en lui, trouver les mots et supporter notre attente. Même une question pleine de douceur peut alors ressembler à une pression supplémentaire.

Plutôt que d’insister, on peut proposer un autre chemin.

Une phrase à essayer« Tu n’as pas besoin de m’expliquer maintenant. Si tu veux, on peut l’écrire ou le dessiner. »

Mettre l’émotion à l’extérieur

Écrire ralentit les choses. Une pensée qui tournait en boucle dans la tête devient quelque chose que l’on peut regarder ensemble.

On peut écrire :

Le problème n’est pas forcément résolu. Mais il est devenu visible, plus concret et souvent un peu moins envahissant.

Pas besoin de savoir écrire

Cette idée fonctionne aussi avec les tout-petits. Le parent peut tenir le crayon et écrire exactement les mots de l’enfant, sans les corriger ni les reformuler. L’enfant peut aussi faire un dessin, choisir une couleur ou simplement regarder la liste se construire.

L’important n’est pas la forme. C’est le message que nous lui envoyons :

« Ce que tu ressens a une place ici. »

Une liste de souhaits accueille une envie sans promettre de l’exaucer. Un dessin accueille une colère sans autoriser les coups. Quelques mots sur une feuille reconnaissent une déception sans avoir besoin de la faire disparaître.

Créer de l’espace pour parler plus tard

Écrire ne remplace pas la conversation. Cela crée de l’espace pour qu’elle puisse avoir lieu quand l’enfant sera prêt.

Certains enfants voudront relire la feuille quelques minutes plus tard. D’autres reviendront dessus le soir ou le lendemain. D’autres encore n’en parleront pas du tout, mais auront tout de même senti que leur expérience a été prise au sérieux.

« Je peux l’écrire pour toi. »

« On le met sur la liste pour ne pas l’oublier. »

« Tu peux me montrer avec un dessin. »

Tout n’a pas besoin d’être compris et réparé dans l’instant. Parfois, une émotion a simplement besoin d’être déposée quelque part avant de pouvoir être racontée.