Quand un enfant est bouleversé, notre premier réflexe est souvent de vouloir arranger les choses.

On cherche une solution. On explique pourquoi il ne devrait pas être triste. On essaie de lui faire voir le bon côté des choses. Ou parfois, on veut simplement que la crise s’arrête le plus vite possible.

Pourtant, dans ces moments-là, les enfants n’ont pas toujours besoin d’une explication.

Ils ont d’abord besoin que leur émotion soit reconnue.

« Tu es vraiment déçu, hein ? »

Imaginez votre enfant qui attendait quelque chose avec impatience et qui apprend que cela n’aura finalement pas lieu.

Notre premier réflexe pourrait être :

On répond souvent« Mais ce n’est pas grave, on fera autre chose ! »
On peut essayer« Tu avais vraiment hâte de faire ça. C’est décevant que ce ne soit pas possible. »

On ne règle rien. On ne cherche même pas encore de solution.

On montre simplement à l’enfant qu’on a compris ce qu’il est en train de vivre.

Reconnaître une émotion ne veut pas dire accepter le comportement

C’est probablement l’une des distinctions les plus importantes.

On peut reconnaître la colère sans accepter que l’enfant frappe.

On peut comprendre la frustration sans le laisser jeter son jouet.

On peut entendre sa déception sans changer une règle que l’on vient de poser.

Par exemple :
« Je vois que tu es très en colère. Tu voulais vraiment continuer à jouer. Je ne vais pas te laisser me taper. »

L’émotion est accueillie. La limite reste là.

L’un n’empêche pas l’autre.

Pourquoi commencer par l’émotion ?

Lorsqu’un enfant est submergé par une grosse émotion, il n’est pas forcément disponible pour écouter une longue explication ou réfléchir à une solution.

Si nous commençons immédiatement par corriger, expliquer ou raisonner, l’enfant peut avoir l’impression que nous ne comprenons pas ce qu’il ressent. Et parfois, cela amplifie encore sa réaction.

Quelques mots simples peuvent suffire :

Une fois que l’enfant se sent compris, il devient souvent plus disponible pour entendre la suite.

Le petit changementD’abord la connexion. Ensuite la correction, la limite ou la recherche de solution.

Et si nous arrêtions de vouloir faire disparaître les émotions ?

Nous avons parfois tellement envie de voir notre enfant heureux que nous essayons de faire disparaître immédiatement sa tristesse, sa colère ou sa frustration.

Mais ressentir une émotion désagréable n’est pas un problème à résoudre.

Un enfant peut être triste sans que nous ayons besoin de le rendre heureux. Il peut être en colère sans que nous ayons besoin de faire disparaître sa colère. Il peut être déçu sans que nous ayons besoin de lui trouver immédiatement quelque chose de mieux.

Notre rôle n’est pas de lui éviter toutes les émotions difficiles. C’est de lui montrer qu’il peut les traverser.

La prochaine fois, essayez simplement de nommer

La prochaine fois que votre enfant explose parce que son dessin s’est déchiré, que la sortie est annulée ou qu’il doit arrêter de jouer, essayez peut-être de commencer par une seule chose : mettez des mots sur ce que vous voyez.

« Tu es vraiment déçu. »

« C’est frustrant quand ce qu’on avait construit tombe par terre. »

« Tu aurais vraiment aimé que ça se passe autrement. »

Pas besoin de discours. Pas besoin de convaincre.

Juste une petite pause pour lui dire :

« Je vois ce que tu ressens. »

Et parfois, c’est précisément ce dont il avait besoin pour pouvoir avancer.