Parfois, les meilleurs outils pour accompagner une grosse émotion ne viennent pas d’un livre ou d’une boîte à émotions.
Ils sont juste là, par terre.
Nous étions en promenade en famille avec Shadow, notre husky. Gabriel m’a demandé s’il pouvait tenir sa laisse.
Le problème, c’est que Shadow pèse plus de deux fois son poids et qu’il peut réagir lorsqu’il croise certains chiens.
J’ai donc dû lui dire non.
Gabriel était très déçu.
Je lui ai dit :
Mais parfois, reconnaître une émotion ne suffit pas à la faire redescendre.
Et la sienne continuait de grandir.
J’ai ramassé un minuscule morceau de bois qui se trouvait par terre.
Je lui ai demandé :
J’en ai ramassé un autre, un peu plus gros.
À ce moment-là, il ne pleurait déjà presque plus.
Alors j’ai trouvé un énorme bâton.
Cette fois, Gabriel a souri.
Je lui ai demandé s’il voulait le lancer.
Évidemment qu’il voulait le lancer.
Il l’a jeté.
Puis il a aperçu un arbre tombé un peu plus loin.
Et quelques secondes plus tard, il était parti escalader son arbre.
La tempête était passée.
Rendre visible ce qu’on ressent
Je n’avais rien préparé.
J’ai simplement utilisé ce qui se trouvait autour de nous pour donner une forme à quelque chose qui, pour lui, était immense mais invisible.
Au lieu d’être uniquement dans son émotion, Gabriel pouvait commencer à la regarder.
À me montrer sa taille.
Puis, littéralement, à la lancer.
Le « non » n’a pas changé. Il n’a finalement pas tenu la laisse de Shadow.
Mais son émotion avait trouvé une façon de sortir.
Les enfants n’ont pas toujours besoin que nous réparions ce qu’ils ressentent.
Parfois, ils ont surtout besoin que nous les aidions à le montrer, à le rendre visible et à le traverser.
Et parfois, l’outil dont on a besoin est déjà juste à nos pieds.



