Pendant que Gabriel jouait tranquillement avec sa mamie, j’ai pris Angelina dans le porte-bébé et je suis partie marcher dans la forêt. Juste elle et moi.

Au départ, je pensais simplement lui offrir un petit moment en tête-à-tête. Mais en marchant, j’ai réalisé que ce moment était peut-être surtout pour moi.

Avec deux enfants, mon attention est presque toujours partagée. Même lorsque je suis avec Angelina, une partie de moi écoute Gabriel, répond à une question ou anticipe ce dont il va avoir besoin. Et lorsque je suis avec Gabriel, il y a toujours un bébé à porter, nourrir ou endormir.

Ce jour-là, soudain, il n’y avait plus rien à arbitrer. Je n’avais pas à choisir qui écouter en premier, à interrompre un câlin ou à faire deux choses à la fois.

J’avais simplement mon bébé contre moi, un chemin devant nous et rien d’autre à gérer.

Et ça m’a fait un bien fou.

Je crois que ce qui m’a reposée, ce n’était pas seulement la forêt ou le silence. C’était de retrouver, pendant quelques minutes, cette sensation toute simple de n’avoir qu’une seule personne qui avait besoin de moi.

Je suis rentrée plus calme que je n’en étais partie.

Angelina avait eu sa maman rien que pour elle pendant un moment. Mais finalement, je crois que ce tête-à-tête m’avait surtout fait du bien à moi.