La veille, j’avais dit à Gabriel, mon fils de presque quatre ans, que je ne crierais plus. Je voulais qu’il puisse s’endormir tranquille. Je voulais aussi croire qu’une phrase assez sincère changerait le lendemain.
Le lendemain, j’ai crié dans la salle de bain. Le pyjama attendait, l’eau avait coulé sur le sol et j’avais répété la même demande plusieurs fois.
Gabriel m’a regardée.
« T’avais dit que tu crierais plus. »
Il avait raison. Je n’avais pas seulement élevé la voix : j’avais aussi fait une promesse que je ne savais pas tenir.
Une promesse absolue rassure surtout l’adulte qui la fait
J’ai eu envie d’expliquer ma fatigue. Tout était vrai : la fin de journée était difficile, j’étais pressée et je n’avais plus beaucoup de patience.
Mais rien de cela ne rendait Gabriel responsable de mon volume. Et l’accumulation d’explications risquait de faire disparaître sa remarque sous mes raisons.
J’ai répondu que j’avais bien dit cela, puis crié quand même. Je me suis excusée. Il n’avait pas à retirer son reproche pour que je me sente moins mal.
Mon « plus jamais » avait surtout refermé trop vite la conversation de la veille. Il me donnait l’impression d’avoir réparé et réglé le problème dans la même phrase. Lui ne pouvait vérifier cette promesse que le lendemain.
Un engagement plus petit n’est pas une permission de crier
Je ne voulais pas passer de « je ne crierai plus » à « je suis comme ça ». Renoncer à une garantie irréaliste ne devait pas devenir une excuse pour recommencer sans rien changer.
Je pouvais annoncer ce qui dépendait réellement de moi : préparer le pyjama avant le bain, arrêter les tâches en parallèle et demander un relais quand je sentais ma voix monter. Si j’avais besoin de m’écarter un instant, ce serait une fois Gabriel installé en sécurité, pas en le laissant seul dans l’eau.
« J’ai crié alors que j’avais promis le contraire. Ce n’est pas à toi de faire attention à ma colère. Je vais changer notre façon de préparer le bain. »
Ces gestes ne demandaient pas à Gabriel de me surveiller. Il n’avait pas à devenir le rappel vivant de mes bonnes intentions.
Le soir suivant, j’ai posé le pyjama à portée de main avant d’ouvrir l’eau. Je n’avais pas de preuve que je ne crierais plus jamais.
La promesse ne consistait plus à devenir une autre personne en une nuit. Elle commençait par ce pyjama déjà prêt.
À garder sous la main
La situation
Vous avez promis de ne plus crier sur votre enfant, puis vous avez recommencé ?
À essayer
Observer ce que votre enfant essaie de faire et lui laisser un peu de place avant de proposer une nouvelle idée.
- « Tu veux que je joue avec toi ou que je te laisse continuer ? »
À garder en tête : Le jeu n'a pas besoin d'être dirigé ou transformé en activité éducative à chaque instant.




