À la réunion de rentrée d’Iris, ma fille de trois ans et demi, je me suis assise sur une chaise qui avait manifestement été conçue pour quelqu’un d’autre. Mes genoux le savaient déjà.
J’étais venue comprendre sa journée. Au bout de quelques minutes, j’essayais surtout de comprendre les autres parents.
Ma voisine avait sorti une feuille pliée. J’ai ouvert mon carnet un peu plus vite, comme si nous allions rendre nos notes à la fin.
À la réunion de rentrée, les adultes cherchent aussi leur place
L’enseignante a expliqué où ranger les vêtements de rechange. Un père a demandé si les deux chaussettes devaient porter le prénom. J’ai trouvé la question très précise, puis réalisé que je ne savais même plus si j’avais fourni des chaussettes.
J’ai aussitôt noté « vérifier sac ». Ma voisine a tourné sa feuille. Elle avait peut-être préparé des questions remarquables. Elle avait peut-être sa liste de courses au dos. De ma petite chaise, je lui avais déjà attribué une maîtrise complète de l’année scolaire.
Quand mon stylo a cessé d’écrire, j’ai fouillé mon sac avec une discrétion qui a fait tomber une gourde. Voilà pour ma participation au calme de la classe.
Le père des chaussettes m’a tendu un crayon.
Je venais de passer plusieurs minutes à situer les adultes autour de moi. Lui venait simplement de voir que j’en avais besoin.
Garder l’information, laisser tomber le classement
Je pouvais écouter sans décider qui était le plus organisé, le plus inquiet ou le plus proche de l’enseignante. Une question insistante pouvait cacher un souci que je ne connaissais pas. Un parent silencieux n’avait pas forcément tout compris, ni rien à dire.
Et mes propres notes ne prouvaient rien d’autre que mon besoin d’écrire pour retenir.
J’ai entouré les informations qui nous concernaient vraiment : les affaires à laisser, le fonctionnement des sorties et la personne à contacter en cas de question. Le reste pouvait attendre.
Si quelque chose touchait uniquement Iris, je pouvais demander un échange à un autre moment. Je n’avais pas à exposer toute sa vie devant le groupe, ni à repartir avec toutes les réponses possibles pour être une mère suffisamment attentive.
À la fin, ma voisine m’a demandé ce qu’avait dit l’enseignante pendant qu’elle cherchait son téléphone. J’avais noté la réponse. Pour une fois, mon carnet servait à autre chose qu’à me donner une contenance.
Nous avons comparé deux informations, pas nos enfants. Puis j’ai rendu le crayon et cherché ma gourde sous la table.
Iris m’a demandé le lendemain si j’avais essayé sa chaise. J’ai dit oui. Nous avions enfin un sujet sur lequel elle avait nettement plus d’expérience que moi.
À garder sous la main
La situation
La réunion de rentrée vous donne l’impression que les autres parents maîtrisent déjà tout ?
À essayer
J’ai entouré les informations qui nous concernaient vraiment : les affaires à laisser, le fonctionnement des sorties et la personne à contacter en cas de question.
- « J'ai besoin de quelques minutes ; je reviens après. »
À garder en tête : Prendre soin de l'adulte ne doit pas devenir une tâche de plus à accomplir parfaitement.




