Alice, ma fille de deux ans, fêtait son anniversaire. Son frère Oscar, quatre ans et demi, attendait l’arrivée de Mamie près de la porte. Elle avait apporté un cadeau pour Alice et un autre pour lui.

« Comme ça, personne n’est triste », a-t-elle expliqué.

Oscar n’a pas contesté cette organisation. Moi, son papa, j’ai regardé les deux paquets en me demandant à quel moment l’anniversaire de sa sœur était devenu une distribution pour toute la fratrie.

Éviter la jalousie peut créer une nouvelle attente

Je comprenais l’intention de Mamie. Elle voulait faire plaisir aux deux enfants, pas ouvrir un débat éducatif entre le gâteau et les assiettes.

Seulement, à force de recevoir un paquet chaque fois que quelqu’un d’autre soufflait ses bougies, Oscar pouvait finir par compter sur cette règle. Le prochain anniversaire sans cadeau pour lui risquait alors de ressembler à une injustice nouvelle.

Alice avait aussi le droit d’être celle que nous célébrions ce jour-là. Cela ne demandait pas de priver son frère d’attention, de gâteau ou de câlins. Simplement, toutes les attentions n’avaient pas besoin de prendre la forme du même objet au même moment.

Je ne voulais pas transformer son paquet en faute. Il n’avait rien réclamé et les adultes avaient organisé la surprise sans lui demander son avis.

Parler entre adultes avant le prochain gâteau

Ce jour-là, je n’ai pas repris le cadeau des mains d’Oscar pour lui enseigner la frustration en public. Il aurait surtout subi notre désaccord.

J’ai préféré en parler ensuite avec Mamie, sans les enfants autour de nous. J’ai reconnu sa générosité, puis expliqué ce qui me gênait : nous voulions pouvoir célébrer un enfant sans devoir offrir quelque chose à l’autre pour rendre la fête acceptable.

Pour la prochaine fois, nous pouvions lui demander de réserver le cadeau à celui dont c’était l’anniversaire. Si elle souhaitait apporter une attention commune, nous pouvions en discuter avant, plutôt que d’improviser devant deux sacs.

Oscar pourrait choisir la musique ou aider à porter le gâteau, s’il en avait envie. Pas pour mériter une compensation, ni pour devenir responsable de la fête : pour y participer autrement.

« Aujourd’hui, c’est l’anniversaire d’Alice. Tu peux avoir envie d’un cadeau aussi, mais nous allons ouvrir les siens. »

Cela ne garantissait pas une fête sans jalousie. Nous pouvions accueillir sa déception sans la traiter comme une panne à réparer par un achat.

Au moment du gâteau, Oscar a demandé s’il pouvait souffler lui aussi. Nous lui avons proposé d’aider Alice si elle le souhaitait.

Il restait bien deux enfants autour de la table. Nous n’étions pas obligés d’y fêter deux anniversaires.

À garder sous la main

La situation

Les grands-parents offrent aussi un cadeau à l’enfant dont ce n’est pas l’anniversaire ?

À essayer

Écouter les besoins de chacun et proposer une solution concrète sans forcer les enfants à ressentir la même chose.

  • « Je vais vous écouter l'un après l'autre. »

À garder en tête : Partager, jouer ensemble et se réconcilier demandent du temps et ne se commandent pas à la minute.