Malo, mon fils de presque trois ans, sautait sur son lit pendant que je tenais le livre du soir. J’avais baissé la lumière et choisi une histoire tranquille. Lui avait manifestement réservé une autre activité.

Je lui ai demandé de se calmer. Il a rebondi encore, puis s’est laissé tomber sur les fesses. Son agitation avant de dormir ressemblait, de mon côté du livre, à un refus très énergique du coucher.

Bouger ne veut pas toujours dire refuser le calme

Je ne pouvais pas savoir, avec trois sauts, ce qui se passait dans son corps. Trop de fatigue, une envie de jouer, une transition difficile ou le besoin de bouger pouvaient se ressembler. Aucun de ces gestes ne suffisait à lui attribuer un profil sensoriel.

Mais je pouvais envisager que l’immobilité ne soit pas son chemin le plus direct vers le repos. Certains enfants cherchent des sensations corporelles pour s’apaiser. Cela n’autorise pas à conclure que toute agitation est utile, ni que plus le mouvement est intense, mieux cela fonctionne.

Le silence m’aidait, moi. Malo semblait encore avoir besoin d’agir. Nous pouvions chercher une transition qui respecte les deux, sans transformer son lit en trampoline.

Garder la sécurité et essayer une autre transition

J’ai arrêté les sauts et aidé Malo à descendre. Une chute restait une chute, même avec une explication intéressante sur les sensations.

Sur le sol dégagé, je lui ai proposé de marcher avec moi jusqu’à la porte et de revenir à petits pas. Une activité simple, sans vitesse ni matériel spécial. Il pouvait accepter ou préférer s’asseoir près de moi.

« Je ne te laisse pas sauter sur le lit. On peut bouger ici, au sol. »

« Après ce petit aller-retour, on s’installe pour l’histoire. »

J’allais surtout regarder la suite : est-ce que cela l’aidait à ralentir, ou est-ce que le jeu repartait de plus belle ? Une idée qui excite davantage peut être arrêtée. Pas besoin de la défendre parce qu’elle avait l’air adaptée sur le papier.

Si l’agitation gêne régulièrement ses nuits ou son quotidien, en parler avec un professionnel permet de comprendre ses besoins. Je n’avais pas à fabriquer un diagnostic au bord du lit.

Malo a fait le trajet deux fois, la deuxième en tenant ma main. Puis il s’est assis sur mes genoux pour regarder la couverture du livre. Je n’ai pas demandé à son corps de justifier son détour.

À garder sous la main

La situation

Votre enfant s’agite au coucher alors que vous lui proposez du calme.

À essayer

Arrêter les gestes dangereux et essayer une transition simple avec du mouvement au sol, puis observer son effet.

  • « On cherche ensemble ce qui t’aide à ralentir. »

À garder en tête : Un geste isolé ne définit pas un profil sensoriel. Des difficultés régulières méritent un avis professionnel.