Dans l’entrée de la crèche, Malo, mon fils de presque trois ans, s’est arrêté sous les guirlandes. Il cherchait le bac de voitures. On l’avait déplacé pour installer les chaises des parents.
Je lui ai rappelé qu’aujourd’hui, c’était la fête. Il y aurait une chanson, les petits instruments et un goûter. Malo a demandé si on pouvait aller dans la salle habituelle.
Mon enfant ne voulait pas participer à la fête de la crèche. J’avais du mal à comprendre : on avait justement préparé tout cela pour lui faire plaisir.
Une fête peut changer tout ce qui rend la crèche familière
La professionnelle qui l’accueillait m’a raconté que les répétitions avaient déjà bousculé la semaine. La chanson arrivait à un autre moment, on changeait de salle et il fallait parfois attendre que tout le groupe soit prêt.
Ce matin-là, les parents restaient, les meubles avaient bougé et les voix remplissaient l’entrée. Pour moi, c’était une jolie exception. Pour Malo, même le coin où il savait commencer sa journée avait disparu.
Je m’apprêtais à lui montrer les décorations une nouvelle fois. Comme si quelques fanions supplémentaires pouvaient lui expliquer pourquoi il n’avait plus envie d’avancer.
Je n’avais pas besoin de lui trouver une étiquette pour reconnaître ce qui se passait ce jour-là. Il ne rejetait pas forcément la chanson. Il cherchait peut-être d’abord une façon de retrouver sa place dans cette matinée inhabituelle.
Préparer ce qui change, garder une sortie possible
Avec l’équipe, nous avons cherché une option simple : regarder le début depuis le bord de la salle, près d’une adulte qu’il connaissait, et pouvoir rejoindre un coin plus calme.
Il s’est installé contre moi. Au moment des instruments, il a posé une main sur son oreille. Nous nous sommes éloignés sans lui demander d’attendre la fin pour être polis.
Avant un prochain événement, je pourrais lui raconter quelques détails précis : où nous serons, ce qui sera différent et ce qui viendra ensuite. Dire seulement « ça va être super » ne lui donnait pas beaucoup d’informations.
On peut aussi demander à l’équipe ce qui est réellement possible. Une place sur le côté, une pause ou une arrivée à un autre moment ne s’improvisent pas toujours dans un groupe.
« Aujourd’hui, les parents restent pour la chanson. Après, il y aura le goûter. »
« On regarde d’ici. Si le bruit te gêne, on ira dans le coin calme prévu avec l’équipe. »
Malo a rejoint le goûter, puis demandé les voitures. Il n’avait pas chanté devant les parents. Mais il avait traversé la fête sans avoir à prouver qu’elle lui plaisait.




