Oscar, mon fils de quatre ans et demi, serrait sa pièce depuis le départ de la maison. À la boulangerie, il voulait payer tout seul. Je l’avais laissé prendre un euro dans son petit porte-monnaie pour choisir quelque chose.
Devant la vitrine, il a montré une grosse pâtisserie au chocolat.
« Je paie avec ça. »
Dans sa paume, la pièce avait l’air de pouvoir tout régler. Je lui avais donné de l’argent. Je ne lui avais pas encore expliqué ce qu’il permettait d’acheter.
Avoir une pièce n’est pas connaître le prix
J’ai commencé par dire que ce n’était pas assez. Oscar a regardé sa main, puis la pâtisserie. La pièce était toujours là. Pourquoi ne fonctionnait-elle pas ?
Pour moi, un euro venait avec toute une série de comparaisons. Pour lui, c’était surtout l’objet que les adultes donnaient avant de recevoir quelque chose. Je ne pouvais pas attendre qu’il devine la différence entre les prix parce qu’il avait compris le geste du paiement.
J’aurais pu compléter sans rien dire, pour que son premier achat reste un joli moment. Mais il aurait alors payé « tout seul » avec un montant mystérieusement suffisant.
Je pouvais aussi compléter en l’expliquant. Ce jour-là, nous avions prévu qu’il choisisse avec sa pièce. Il fallait surtout rendre ce cadre visible avant la caisse, pas au moment où quelqu’un attendrait derrière lui.
Un choix assez petit pour être compris
Nous nous sommes écartés de la file. J’ai demandé quels petits biscuits coûtaient un euro ou moins, puis j’ai montré à Oscar les deux possibilités. Il pouvait choisir l’un des deux, ou garder sa pièce pour une autre fois.
Il a encore regardé la pâtisserie au chocolat. J’ai reconnu qu’elle lui faisait envie. La limite ne rendait pas son envie ridicule.
« Avec ta pièce, tu peux acheter ce biscuit ou celui-ci. »
« Celui au chocolat coûte plus. Aujourd’hui, nous choisissons avec l’argent que tu as apporté. »
Il n’avait pas besoin d’apprendre la soustraction sur le trottoir. Nous avions une pièce, quelques choix et une décision réelle à prendre. Je restais près de lui pour l’échange et pour l’aider à récupérer la monnaie s’il y en avait.
Il a choisi un biscuit, tendu sa pièce et reçu son petit sachet. En sortant, il m’a demandé s’il pourrait acheter la grosse pâtisserie avec deux pièces.
Nous n’en avions pas terminé avec les prix. Mais sa question avait changé : il ne suffisait plus d’avoir une pièce. Il commençait à se demander combien.
À garder sous la main
La situation
Votre enfant veut payer tout seul avec sa pièce.
À essayer
Observer ce que votre enfant essaie de faire et lui laisser un peu de place avant de proposer une nouvelle idée.
- « Tu veux que je joue avec toi ou que je te laisse continuer ? »
À garder en tête : Le jeu n'a pas besoin d'être dirigé ou transformé en activité éducative à chaque instant.




