Chez des amis, Oscar, mon fils de quatre ans et demi, est venu me chercher avec sa veste. Les enfants jouaient encore dans le salon. Les adultes venaient de servir le café.

« Je veux rentrer. »

J’ai répondu qu’il pouvait retourner jouer un peu. Une amie lui a montré les petites voitures. Un autre adulte a ajouté qu’on s’amusait pourtant bien ici.

Tout le monde avait une bonne raison de prolonger la visite. Mon enfant voulait partir, et sa veste commençait à ressembler à une demande déposée sans réponse.

Vouloir partir ne signifie pas que la visite est ratée

Je ne savais pas exactement pourquoi Oscar en avait assez. Le bruit, la fatigue, une dispute passée inaperçue ? Il pouvait aussi simplement avoir terminé.

En lui proposant encore un jeu, je pensais l’aider à profiter du moment. Mais nous étions plusieurs à essayer de le convaincre de ressentir autre chose. Il devait rester, et si possible montrer qu’il était content.

Je me suis accroupi près de lui. J’ai demandé s’il s’était passé quelque chose ou s’il voulait surtout rentrer. Il a répondu : « Rentrer. »

Je n’avais pas besoin d’un dossier complet pour prendre cette demande au sérieux. Je pouvais vérifier qu’il allait bien, entendre sa réponse et décider de la suite. Le café, lui, survivrait à une fin un peu plus rapide.

Organiser le départ sans exiger un dernier effort

Nous ne pouvons pas toujours sortir immédiatement : il faut parfois récupérer un sac, attendre une voiture ou prévenir les personnes qui nous accueillent. Cette attente peut être expliquée sans renvoyer l’enfant dans le jeu qu’il vient de quitter.

J’ai annoncé à Oscar que je rassemblais nos affaires et que nous partions ensuite. Il pouvait rester près de moi pendant ce temps.

« Tu as fini de jouer. Je prends le sac, puis nous rentrons. »

« Tu peux faire un signe de la main. Je dirai merci pour nous. »

Je tenais à remercier nos amis. Je n’avais pas besoin d’obtenir d’Oscar un câlin, une phrase enthousiaste ou une dernière partie pour prouver notre gratitude. Un adulte pouvait porter la politesse du départ pendant qu’un enfant fatigué tenait sa veste.

J’ai dit que nous avions passé un bon moment et qu’Oscar avait besoin de rentrer. Sans lui demander de se justifier devant tout le monde.

Dans la voiture, il a raconté la rampe construite avec les autres enfants. Il l’avait beaucoup aimée.

Il avait apprécié la visite. Il voulait aussi qu’elle se termine. Les deux tenaient très bien sur la banquette arrière.