Malo, mon fils de presque trois ans, a annoncé « caca » entre la purée et le verre d’eau. Puis il a regardé mon visage en attendant la suite du spectacle.
J’avais déjà interdit ce mot à table. Avec beaucoup de sérieux, ce qui semblait avoir augmenté sa valeur comique. Il l’a répété, ravi de constater que le programme fonctionnait encore.
Les mots de toilettes ont aussi un effet sur les adultes
À cet âge, les mots du corps peuvent être intéressants pour plusieurs raisons. Ils nomment quelque chose que l’enfant découvre, circulent entre camarades et provoquent des réactions très visibles.
Je n’étais pas obligée de rire à chaque répétition. Mais mon indignation offrait elle aussi une réponse spectaculaire. À force de débattre du mot, nous lui avions accordé presque toute la conversation du repas.
Je pouvais donc poser une limite sur le contexte sans faire du corps un sujet honteux. Dire qu’on a besoin d’aller aux toilettes doit rester possible, y compris à table. Une question sur son corps mérite également une réponse.
Ce qui me gênait ici, c’était la répétition pour faire réagir, pas l’existence du mot dans notre langue. La différence était utile avant de lancer une interdiction que je serais incapable d’appliquer au prochain passage aux toilettes.
Une limite courte, avec moins de public
J’ai répondu une fois, calmement, puis repris le repas. Pas besoin d’une grande leçon sur la politesse à chaque nouvel épisode. Je pouvais proposer un autre jeu de mots sans devenir animatrice permanente du dîner.
« Si tu as besoin des toilettes, tu peux me le dire. Pour faire rire à table, on cherche autre chose. »
« Ce mot te fait rire. Moi, je reprends mon repas. »
Si Malo utilisait le mot pour insulter quelqu’un, je pouvais arrêter l’insulte et nommer cette limite. Tout ne se résumait pas à ignorer. Et si un autre adulte était gêné, nous pouvions nous accorder sur une réponse simple plutôt que multiplier les réactions contradictoires.
Le mot n’a pas disparu ce soir-là. Malo l’a essayé une nouvelle fois, avec un volume légèrement supérieur. J’ai gardé la même réponse et lui ai demandé de me passer le pain.
Il a fini par appeler la purée « patate-chapeau ». Ce n’était pas de la haute littérature. Pour une conversation de dîner, c’était déjà un changement de programme.
À garder sous la main
La situation
Votre enfant répète les mots de toilettes pour faire réagir à table.
À essayer
Répondre calmement sur le contexte, réduire les réactions spectaculaires et laisser les besoins corporels exprimables.
- « Tu peux parler de ton corps sans utiliser ces mots pour insulter quelqu’un. »
À garder en tête : Une demande de toilettes ou une question sur le corps mérite une réponse ; une insulte nécessite une limite.




