Oscar, mon fils de quatre ans et demi, ne voulait pas mettre son manteau. Il était assis sur le banc de l’entrée, une chaussure au pied et l’autre par terre. Je lui ai dit que nous partions.

Il a répondu non. J’ai répété. Il a repoussé la veste. Dix minutes plus tard, nous étions deux à être énervés, et nous n’avions toujours pas quitté l’entrée.

Le refus de manteau était devenu une dispute entre mon enfant et moi. Je ne cherchais plus seulement à sortir. Je voulais qu’il comprenne que je n’allais pas répéter la même chose toute la matinée.

Ce qui m’obligeait, apparemment, à la répéter encore.

Le moment où le départ devient une épreuve

Au début, Oscar voulait rester à la maison. Il n’avait pas fini sa construction. Je pouvais comprendre cela tout en maintenant le départ.

Mais j’avais rapidement élargi le sujet. Il n’écoutait jamais. Nous étions toujours en retard. Il fallait tout discuter. Aucun de ces mots n’avait rapproché le manteau de son dos.

Oscar a commencé à parler plus fort. J’ai fait pareil, en lui demandant de baisser le ton. Le manteau restait sur le banc, témoin assez discret de notre démonstration.

Je ne pouvais pas décider à sa place qu’il était content de partir. En revanche, je pouvais regarder ce que j’ajoutais à son refus. Ma voix, mes reproches et l’urgence que je faisais monter ne rendaient pas le geste plus simple.

Cela ne voulait pas dire que j’étais la cause de chaque colère. Mais dans cette scène, j’étais devenu un participant très actif.

Revenir au manteau, pas gagner la conversation

J’ai posé les clés sur la tablette et arrêté mon discours. Je suis resté près d’Oscar, sans lui demander de se calmer avant que je puisse parler autrement.

Le départ était toujours prévu. Je n’avais pas besoin de le menacer d’annuler la sortie, puis d’inventer une autre menace lorsqu’il aurait répondu qu’il voulait justement rester.

« Je me suis énervé et j’ai parlé trop fort. On reprend. Nous devons partir. »

« Tu voulais finir ta construction. Elle reste là. Pour le manteau, tu essaies seul ou je t’aide ? »

Oscar a encore dit qu’il ne voulait pas sortir. J’ai reconnu sa réponse, puis attendu qu’il passe un bras dans la manche. L’autre s’est coincé ; il m’a laissé dégager le tissu.

Nous n’avions pas obtenu une scène parfaitement calme. Je n’avais pas non plus retiré la demande. J’avais seulement cessé de lui demander, en plus du manteau, de reconnaître que j’avais raison.

En refermant la porte, Oscar m’a demandé si sa construction serait toujours là au retour. J’ai dit oui.

C’était encore la question du début. Nous avions juste parlé beaucoup plus fort entre-temps.