Oscar, quatre ans et demi, voulait emporter son camion au parc. Julien, son papa, a dit non. Deux minutes plus tard, Alice, sa petite sœur de deux ans, a attrapé son lapin en tissu. Julien allait répondre pareil puis s’est arrêté.
Faire pareil n’est pas toujours être juste
Deux enfants du même foyer n’ont ni le même âge, ni le même tempérament, ni toujours le même besoin au même moment. Éduquer deux enfants de façon juste ne signifie donc pas forcément répondre exactement pareil à chacun.
Julien a laissé Alice prendre son lapin. Oscar a protesté : « Mais elle, elle a le droit ! » Julien n’a pas prétendu que les situations étaient identiques. Il a expliqué : « Oui, aujourd’hui Alice prend son lapin. Elle en a encore besoin pour partir. Ton camion, on le laisse ici parce qu’on l’a déjà perdu deux fois. »
Oscar a râlé quelques secondes. Puis il est parti.
Une différence peut être expliquée
Le réflexe aurait pu être de compenser immédiatement ou de retirer le lapin à Alice pour rétablir une égalité parfaite. Mais l’égalité parfaite entre frères et sœurs est difficile à tenir et surtout, elle n’est pas toujours logique.
Parfois, l’un a besoin d’aide pour s’habiller et l’autre non. L’un peut se coucher un peu plus tard. L’autre a encore besoin d’être porté après une longue journée.
Cela ne veut pas dire que les règles changent au hasard. Cela veut simplement dire qu’elles peuvent tenir compte de l’enfant qui se trouve devant nous.
Ce jour-là, Julien n’a pas trouvé une nouvelle grande règle éducative. Il a juste accepté que, dans une même famille, deux réponses différentes puissent parfois être toutes les deux justes.




