Une amie m’avait dit que son fils s’endormait facilement. Une autre avait envoyé une photo de son déjeuner terminé. À la sortie de l’école, j’avais vu une petite fille jouer tranquillement pendant que sa mère discutait.

Le soir, Louise, ma fille de cinq ans, a refusé ses légumes et réclamé ma présence au coucher.

J’ai pensé : chez les autres, les enfants dorment, mangent et jouent seuls.

J’avais composé une famille idéale avec trois familles différentes.

Comparer une journée entière à quelques morceaux choisis

Aucune de ces personnes ne m’avait menti. Le garçon s’endormait peut-être très bien. L’assiette était vraiment vide. La petite fille avait réellement joué seule pendant que je la regardais.

C’était moi qui avais relié ces informations pour fabriquer une démonstration sur ma propre vie. À côté de leurs quelques minutes, je posais toute notre soirée, avec les négociations, la fatigue et le pyjama encore dans le panier.

Je ne connaissais pas forcément leurs autres difficultés. Mais je n’avais pas non plus besoin d’en inventer pour rééquilibrer le tableau. Penser « ils doivent bien avoir des problèmes cachés » restait une autre manière de passer ma soirée chez eux.

Je pouvais simplement revenir à ce que je savais : une chose précise, chez une personne précise, à un moment précis. Pas le compte rendu d’une parentalité entière.

Revenir au problème qui existe vraiment chez nous

Le coucher de Louise restait difficile ce soir-là. Le comparer à celui du fils de mon amie n’ajoutait ni du temps ni de l’énergie pour nous aider.

J’ai essayé de remplacer « pourquoi les autres y arrivent ? » par une question plus petite : de quoi avions-nous besoin pour ce coucher-ci ?

Je pouvais annoncer le moment où je quitterais la chambre, choisir une seule histoire avec Louise ou chercher avec l’autre parent un relais réel. Si la difficulté se répétait, nous pourrions y revenir au calme. Je n’avais pas à prouver que tout allait bien pour cesser de nous comparer.

Les expériences des autres pouvaient même redevenir intéressantes, une fois sorties du classement. Je pouvais demander à mon amie ce qu’elle avait essayé, sans transformer sa réponse en programme obligatoire pour notre maison.

Le lendemain, j’ai retrouvé la photo de l’assiette. J’y ai vu un déjeuner terminé, pas une mère qui réussissait mieux que moi.

Louise a encore laissé des légumes. Je pouvais m’occuper de cette assiette-là. Elle n’avait pas besoin de porter, en plus, toutes celles que j’avais vues chez les autres.

À garder sous la main

La situation

Chez les autres, les repas et les couchers semblent plus simples ?

À essayer

Repérer ce qui pèse vraiment sur vous et choisir un ajustement réaliste plutôt qu'une exigence supplémentaire.

  • « J'ai besoin de quelques minutes ; je reviens après. »

À garder en tête : Prendre soin de l'adulte ne doit pas devenir une tâche de plus à accomplir parfaitement.