Malo, mon fils de presque trois ans, avait vidé les grosses briques dans sa casserole de jouet. Un dinosaure attendait devant une assiette et deux voitures étaient garées près de la cuisinière.
La veille, j’avais rangé les jouets par boîte. Les constructions d’un côté, la cuisine de l’autre, les figurines dans un panier. Une organisation parfaitement compréhensible. Au moins pour moi.
J’allais lui demander de remettre les briques à leur place quand il a annoncé : « La soupe n’est pas cuite. »
Je voyais des jouets mélangés. Il voyait un déjeuner en préparation, avec des clients assez particuliers.
Mélanger les jouets peut aussi prolonger le jeu
Dans mon rangement, chaque objet avait une famille. Dans le jeu de Malo, chaque objet pouvait avoir un rôle. La brique verte était un légume, la rouge aussi, et le dinosaure avait manifestement réservé une table.
Il n’avait pas forcément oublié où ranger les constructions. Il les utilisait pour fabriquer quelque chose que les accessoires de cuisine ne lui permettaient pas de faire exactement comme il le voulait.
Cela ne rend pas tous les mélanges passionnants. Parfois, un enfant vide simplement une boîte, puis passe à autre chose. Mais avant d’interrompre le jeu, je pouvais regarder ce qu’il était en train d’organiser, ou lui demander ce qui se préparait.
Malo a remué sa soupe avec une cuillère en bois. Il m’a tendu une assiette contenant une seule brique jaune. Apparemment, j’avais commandé le menu dégustation.
Le classement m’aidait à retrouver les jouets. Il n’avait pas besoin de décider de toutes leurs utilisations.
Garder une place pour jouer et un moment pour ranger
Mon problème n’était pas seulement esthétique. Des briques dans le passage, cela devenait vite un problème pour mes pieds. Et je n’avais pas envie de passer la soirée à retrouver les figurines sous les meubles.
Je pouvais donc garder une limite concrète : la cuisine et ses ingrédients restaient sur le tapis, sans bloquer le passage. Quand le jeu serait terminé, nous remettrions les objets dans leurs boîtes.
« Tu peux utiliser les briques pour ta soupe. On garde le passage libre. »
« Quand le restaurant ferme, on remet ensemble les briques dans leur boîte. »
Cela laisse aussi le droit de conserver une installation jusqu’au lendemain, si la place le permet. L’important est de savoir ce qu’on garde et quand on s’en occupe, plutôt que de tout remettre en ordre pendant que l’enfant joue encore.
Ce jour-là, j’ai déplacé deux voitures du passage et accepté mon assiette.
Les briques retrouveraient leur boîte après le déjeuner. Pour l’instant, elles étaient des légumes.




