Malo, mon fils de presque trois ans, était dans la petite cour depuis quatre minutes quand il est revenu coller son visage contre la porte vitrée.

« Je veux rentrer. »

J’avais justement ouvert la porte pour qu’il profite un peu de l’extérieur. Il faisait beau, il avait de la place pour prendre l’air et, dans ma tête, un enfant dehors devait naturellement trouver quelque chose à faire.

Sauf que notre petite cour contenait deux chaises, quelques pots de fleurs, une barrière et suffisamment de sol pour faire six pas avant de devoir faire demi-tour.

Je lui ai dit : « Mais joue un peu ! »

Et en l’entendant, j’ai réalisé que je lui demandais surtout d’inventer une activité à partir d’un endroit où presque rien ne pouvait bouger, se construire, se cacher ou être exploré.

Quand un enfant ne veut pas jouer dehors

On parle facilement du jeu extérieur comme si « dehors » était une activité en soi. Pourtant, tous les espaces extérieurs n’offrent pas les mêmes possibilités.

Un grand parc avec de l’herbe, des bâtons, une pente et des endroits où courir n’a pas grand-chose à voir avec une petite cour vide ou un balcon où la moitié des objets sont interdits.

Cela ne signifie pas qu’il faut un immense jardin pour qu’un enfant joue. Mais avant de conclure qu’un enfant ne sait pas jouer dehors, ou qu’il préfère forcément les écrans et les jouets de la maison, on peut regarder l’environnement qu’on lui propose.

Ce jour-là, Malo n’avait peut-être pas besoin de davantage d’encouragement. Il avait simplement besoin de quelque chose avec quoi agir.

Changer un peu l’espace plutôt que pousser l’enfant

Je suis ressortie avec une bassine, deux gobelets et quelques petites voitures.

Je n’avais pas organisé une « activité extérieure ». J’avais juste ajouté des choses qu’il pouvait remplir, vider, déplacer et faire rouler.

Malo a commencé par verser l’eau d’un gobelet dans l’autre. Puis les voitures ont traversé la bassine. Dix minutes plus tard, une feuille flottait dedans et était apparemment devenue un bateau.

Cela ne veut pas dire qu’une bassine transforme systématiquement une petite cour en paradis du jeu libre. Parfois, l’enfant voudra simplement rentrer.

Mais quand le jeu ne démarre pas, on peut essayer de regarder l’espace avant de regarder l’enfant.

Une petite question à se poser« Qu’est-ce qu’il peut réellement faire ici, à part être dehors ? »

Depuis, quand Malo réclame l’intérieur après trois minutes, je résiste un peu mieux à la phrase « Mais profite, il fait beau ».

Parfois, il ne manque pas d’envie de jouer. Il manque simplement quelque chose avec quoi jouer.