Malo, mon fils de presque trois ans, s’est assis dans l’entrée quand j’ai apporté ses chaussures. Il ne voulait pas aller à la crèche. Il voulait rester ici, avec son garage.
J’ai commencé à lui rappeler ce qui l’attendait là-bas. Les copains, la peinture, le petit vélo rouge. J’aurais pu rédiger la brochure.
Il a répondu non à chaque activité. Plus j’essayais de lui donner envie, plus nous avions l’air de discuter d’une sortie facultative.
Pourtant, je devais partir travailler. Ce matin-là, rester à la maison n’était pas une possibilité que je lui proposais.
Écouter le refus d’aller à la crèche sans ouvrir un vote
Je lui ai demandé ce qu’il aurait voulu faire. Il a montré le garage. Il était en train de construire une rampe et ne voulait pas l’abandonner.
Je n’avais pas besoin de démontrer que la crèche serait plus intéressante. Son envie de continuer pouvait être sincère, même si elle ne changeait pas notre départ.
Cela ne voulait pas dire que tous les refus se résument à un jeu interrompu. Une douleur, une peur précise, quelque chose de difficile avec un autre enfant méritent qu’on s’y arrête. Si les départs deviennent régulièrement très pénibles, je peux chercher avec l’équipe ce qui se passe, plutôt que répéter plus fort que tout va bien.
Mais là, Malo me parlait de sa rampe. Je pouvais l’entendre sans lui promettre une matinée à la maison.
Réduire le départ à la prochaine étape
J’ai arrêté de vendre la journée entière. Il fallait d’abord mettre les chaussures, puis le manteau. Pas obtenir son enthousiasme pour les huit heures à venir.
« Tu voulais continuer ton garage. On va le laisser comme ça pour le retrouver. Ce matin, je travaille et tu vas à la crèche. »
« Tu peux mettre tes chaussures avec moi, ou je peux t’aider à les mettre. »
Le choix ne portait que sur une aide que je pouvais réellement lui donner. S’il refusait les deux, je pouvais lui annoncer que j’allais l’aider, puis le faire avec douceur. Sa protestation n’avait pas besoin de disparaître pour que je l’accompagne.
Malo a demandé que la petite voiture reste en haut de la rampe. Nous l’y avons posée, puis je l’ai aidé à s’habiller. Il a encore protesté en prenant son manteau.
Je n’avais pas obtenu un enfant ravi de partir. J’avais cessé de lui demander de vouloir ce qu’il devait faire.
La voiture attendait sur la rampe. Nous, nous pouvions avancer jusqu’à la porte.
À garder sous la main
La situation
Votre enfant refuse d’aller à la crèche avant même de sortir de la maison.
À essayer
Écouter ce que votre enfant raconte ou montre, puis chercher avec lui un repère simple pour le prochain départ ou retour.
- « Tu veux me raconter le moment le plus facile et le plus difficile ? »
À garder en tête : Les réactions au départ et au retour ne disent pas, à elles seules, comment s'est passée toute la journée.




