Alice, ma fille de deux ans, installait des animaux dans les plis d’une couverture depuis vingt minutes. Oscar, son frère de quatre ans et demi, venait de me demander trois fois ce qu’on allait faire.

J’avais sorti ses voitures, proposé des briques et indiqué la boîte de déguisements. Il avait regardé chaque proposition, puis demandé si je jouais avec lui.

« Regarde, ta sœur y arrive bien », ai-je commencé.

Cette phrase allait surtout lui apprendre qu’Alice faisait quelque chose de mieux que lui. Elle ne lui donnait pas une idée pour commencer à jouer seul.

Deux enfants, deux façons d’entrer dans le jeu

Alice pouvait décider qu’un pli de couverture était une maison, puis déplacer ses animaux pendant un long moment. Oscar aimait aussi jouer, mais il cherchait souvent quelqu’un pour lancer l’histoire, commenter ce qu’il construisait ou lui répondre.

Ce contraste ne disait pas tout de leur autonomie. Oscar faisait seul des choses pour lesquelles Alice me réclamait encore. Et il pouvait s’absorber dans un jeu avec un copain, alors qu’il me sollicitait beaucoup quand nous étions seuls à la maison.

L’âge compte, mais il ne permet pas de prédire exactement combien de temps un enfant va s’occuper sans nous. Le jeu choisi, l’envie de compagnie ou la fatigue peuvent aussi changer la scène.

Je n’avais donc pas besoin de trouver lequel de mes enfants était « le plus autonome ». J’avais besoin de comprendre ce qui aidait Oscar à entrer dans ce moment-là.

Aider au démarrage sans jouer toute la partie

Je me suis assis près de lui pour installer un garage avec deux boîtes. Nous avons choisi l’entrée et la place de la dépanneuse. Puis je lui ai annoncé que j’allais plier le linge, juste à côté.

Je pouvais participer au départ sans devenir indispensable à chaque voiture garée. Et je pouvais poser une limite à ma disponibilité sans prendre Alice comme démonstration.

« On commence le garage ensemble. Ensuite, tu continues pendant que je plie le linge. »

« Je suis juste ici. Tu peux me montrer où tu en es quand j’ai terminé cette pile. »

Cela n’oblige pas à préparer une activité à chaque sollicitation. Parfois, je peux simplement rester à proximité et laisser un peu de temps pour chercher. Ce petit démarrage accompagné est une option à essayer, pas une garantie de vingt minutes de silence.

Oscar m’a encore appelé pour une roue coincée. Je l’ai aidé, puis repris le linge. À côté, Alice avait abandonné ses animaux et voulait me rejoindre.

Les rôles venaient déjà de changer.

Ce jour-là, le garage m’a permis de plier quelques tee-shirts. Je n’ai pas chronométré lequel de mes enfants m’avait laissé le plus de temps.