Oscar, mon fils de quatre ans et demi, voulait prendre une photo de la fleur sur la table. J’ai pensé au téléphone, à la mémoire pleine et aux vingt-sept images du même pétale que j’allais retrouver plus tard.

Il est revenu avec une feuille.

En la pliant, puis en reprenant un coin qui ne tenait pas, il a fabriqué quelque chose qu’il appelait un appareil photo. Il n’y avait ni écran ni batterie. L’objectif était un carré un peu de travers.

Il l’a pointé vers le vase et a fait le bruit du déclencheur.

Un appareil photo en papier peut suffire au jeu

Je lui ai presque proposé de dessiner une photo pour la glisser derrière. Il fallait bien que son appareil fasse quelque chose.

Mais Oscar avait déjà tourné la tête vers la tasse. Il cherchait un autre sujet, puis reculait pour faire entrer la plante entière dans son cadre imaginaire.

Je m’étais occupé de la fonction qui manquait. Il utilisait celles qu’il avait inventées : viser, choisir, demander à quelqu’un de ne plus bouger et décider que la photo était réussie.

Son appareil ne conservait aucune image. Cela ne l’empêchait pas de photographier.

Ne pas améliorer le jouet trop vite

Les plis n’étaient pas réguliers et un côté s’ouvrait. J’ai proposé mon aide une fois. Oscar a préféré tenir ce côté avec le pouce.

Nous n’avions pas besoin d’obtenir un origami impeccable pour continuer. Un autre enfant aurait peut-être demandé une boîte, un dessin ou le vrai téléphone. Le papier ne gagne pas automatiquement contre un écran ; ce jour-là, il convenait à son idée.

Je pouvais lui donner de la place plutôt qu’ajouter des boutons et un résultat à produire.

« Tu veux que je t’aide à tenir le pli, ou tu préfères le garder comme ça ? »

« Qu’est-ce que tu as envie de photographier maintenant ? »

Il m’a demandé de prendre une pose à côté de la fleur. J’ai obéi, puis il a annoncé que je bougeais trop.

J’avais donc fourni du papier et j’étais devenu le sujet le moins coopératif de la séance. C’était un équipement assez complet.

Plus tard, l’appareil a fini sur la table, un peu aplati. Je n’ai pas demandé à voir les photos. Il n’y avait rien à récupérer ni à sauvegarder.

Oscar avait regardé la fleur sous plusieurs angles, déplacé sa tasse et dirigé son papa. La séance avait bien eu lieu, même si nous n’avions aucune image à montrer.

À garder sous la main

La situation

Votre enfant veut prendre des photos.

À essayer

Une scène pour laisser l’enfant décider de ce qu’il veut photographier.

  • « Tu veux que je joue avec toi ou que je te laisse continuer ? »

À garder en tête : Le jeu n'a pas besoin d'être dirigé ou transformé en activité éducative à chaque instant.