À vingt heures trente, Malo, mon fils de presque trois ans, faisait sauter son lapin sur l’oreiller. L’histoire était lue, la grande lumière éteinte et tout le monde avait reçu son bisou, lapin compris. Malo semblait pourtant commencer sa soirée.

Malo avait dormi après le déjeuner. La veille, sans sieste, il avait réclamé son pyjama avant que les pâtes soient prêtes. Je cherchais comment arrêter la sieste sans transformer chaque coucher en nouvelle devinette.

Pendant quelques jours, j’avais voulu trancher. Si Malo était assez grand pour ne plus dormir l’après-midi, nous allions supprimer la sieste. Puis il s’était presque endormi sur le canapé à seize heures. J’avais donc remis la sieste au programme et retrouvé un enfant très disponible pour discuter le soir.

Arrêter la sieste ne se fait pas toujours d’un coup

J’attendais une bascule nette : avant, il en avait besoin ; après, plus du tout. Mais Malo semblait plutôt passer d’un état à l’autre, selon la nuit précédente et la journée qu’il venait de vivre.

Une sieste pouvait encore lui faire du bien l’après-midi et repousser son endormissement le soir. À l’inverse, tenir une journée sans dormir ne prouvait pas qu’il pourrait désormais toutes les traverser ainsi.

Le problème était aussi mon envie de retrouver un horaire prévisible. J’avais besoin d’une soirée qui commence à peu près à la même heure, pas d’un nouveau problème à résoudre chaque jour.

En cherchant à décider une fois pour toutes, je finissais pourtant par me battre contre ce que j’avais devant moi : un petit garçon qui, certains jours, tombait de fatigue et, d’autres, ne s’endormait pas.

Garder un temps de repos, même sans sommeil

J’ai commencé à garder un moment calme après le déjeuner, sans demander à Malo de réussir à dormir. Un livre, son doudou, moins d’agitation. Certains jours, il s’endormait. D’autres, nous reprenions simplement la journée.

Quand une longue sieste semblait régulièrement repousser le coucher, je pouvais essayer de la raccourcir un peu. Sans sieste, je pouvais avancer légèrement la routine du soir si je le voyais fatiguer. L’idée était d’observer plusieurs journées, pas de tout changer après une seule soirée difficile.

« On se repose un moment. Tu n’es pas obligé de dormir. »

« Aujourd’hui, tu as l’air fatigué. On va mettre le pyjama un peu plus tôt. »

Cela ne m’a pas rendu des couchers parfaitement réguliers. J’ai surtout arrêté de considérer chaque sieste comme un retour en arrière, ou chaque refus comme l’annonce officielle de sa disparition.

Ce soir-là, j’ai remis le lapin sous la couverture. Malo a encore bougé un moment avant de s’endormir.

Demain, le temps calme resterait prévu. Pour la sieste, on verrait.