Iris, ma fille de trois ans et demi, poussait une pièce de puzzle dans un emplacement qui lui ressemblait beaucoup. À un détail près : elle était tournée dans le mauvais sens.

Ma main était déjà partie. Je voyais la solution, le quart de tour et la satisfaction qui pouvait suivre.

Puis j’ai attendu une dizaine de secondes. Pas parce que j’appliquais un exercice. J’ai simplement remarqué que ma fille était encore en train de chercher.

Mon aide arrivait avant sa demande

Iris a repris la pièce, regardé le dessin et essayé un autre sens. Elle n’avait pas encore trouvé. Pourtant, quelque chose se passait dans cette hésitation que j’allais interrompre.

De mon côté de la table, l’erreur était devenue un petit problème à supprimer. De son côté, c’était peut-être encore une question intéressante.

Je n’avais pas besoin de connaître exactement son raisonnement pour lui laisser la place de terminer ce geste.

Cela ne voulait pas dire regarder un enfant se débattre jusqu’aux larmes. Il n’y avait ici ni danger, ni urgence, ni grande détresse. Nous avions le temps et le puzzle pouvait attendre sur la table.

Dans une autre situation, j’aurais pu aider tout de suite. L’important n’était pas de respecter une durée, mais de voir si ma main répondait à son besoin ou surtout à mon impatience devant une difficulté facile pour moi.

Rester disponible sans prendre tout le geste

Quand Iris a levé les yeux vers moi, j’ai demandé si elle voulait un indice. Elle a accepté. J’ai montré la couleur sur le bord de l’image sans toucher à la pièce.

Elle l’a tournée encore une fois et l’a posée. Cela aurait aussi été possible qu’elle me demande de la mettre moi-même. Recevoir de l’aide n’aurait pas annulé ce qu’elle venait d’essayer.

« Tu veux chercher encore un peu, un indice ou un coup de main ? »

Je pouvais lui laisser le choix sans répéter la question à chaque pièce. Parfois, rester près d’elle et attendre un regard suffisait.

Je ne voulais pas non plus que l’autonomie devienne un nouvel objectif à défendre contre elle. Si elle voulait simplement faire le puzzle avec moi, nous pouvions partager les pièces au lieu de transformer chaque trou en examen.

Iris a continué quelques minutes, puis m’a tendu un morceau.

« Celle-là, c’est toi. »

J’avais attendu pour lui laisser faire. Elle venait de décider qu’on pouvait aussi le faire ensemble.

À garder sous la main

La situation

Vous avez déjà la main tendue pour aider votre enfant ?

À essayer

Je pouvais lui laisser le choix sans répéter la question à chaque pièce.

  • « Tu veux que je joue avec toi ou que je te laisse continuer ? »

À garder en tête : Le jeu n'a pas besoin d'être dirigé ou transformé en activité éducative à chaque instant.