Oscar, mon fils de quatre ans et demi, regardait le coin sombre de sa chambre. J’avais déjà expliqué que le pull sur la chaise était un pull, que les ombres venaient de la lampe et que rien ne changeait quand on éteignait.

Il avait compris mes explications. Il avait toujours peur du noir.

Puis il m’a demandé si nous pouvions inventer quelqu’un qui l’aiderait à traverser la chambre.

J’allais recommencer avec la lumière et les ombres. Lui proposait une autre langue.

Quand expliquer le noir ne suffit pas

Je ne voulais pas lui raconter qu’un garde invisible allait chasser de vrais monstres. Mais je pouvais entrer dans une histoire qu’il savait inventée.

Oscar a choisi un petit oiseau rond, capable de marcher dans le noir parce qu’il connaissait le chemin jusqu’à la porte. Il voulait surtout quelqu’un qui avance à côté de lui.

Nous l’avons dessiné sur une feuille. J’ai demandé où il voulait poser le dessin. Oscar l’a placé près de la lampe.

Ce dessin ne prouvait pas que sa peur avait disparu. Il lui permettait simplement de proposer quelque chose, au lieu de recevoir une explication de plus sur ce qu’il ne devrait pas craindre.

Jouer avec lui, sans lui laisser toute la peur

Je pouvais garder des appuis bien réels : une petite lumière, la porte entrouverte et ma présence pendant que nous cherchions ce qui l’aiderait ce soir-là.

Le personnage n’avait pas à devenir une obligation. Si Oscar n’avait plus envie de cette histoire demain, nous n’aurions rien raté. Et je ne voulais pas lui dire que l’oiseau serait déçu s’il m’appelait encore.

« On peut imaginer qu’il marche avec toi. Nous savons que c’est une histoire, et moi je reste là pour t’aider. »

« Tu préfères laisser le dessin près de la lampe ou l’emporter jusqu’à la porte ? »

Oscar a pris la feuille. Nous avons fait quelques pas ensemble, puis il m’a demandé de rallumer un peu plus. Je l’ai fait. Le jeu n’était pas un contrat où il devait maintenant réussir à ne plus avoir peur.

Si cette peur prend beaucoup de place, dure ou bouleverse régulièrement ses nuits, je peux en parler avec un professionnel. Un personnage inventé n’a pas à tout résoudre.

Au coucher, Oscar a posé son oiseau contre la lampe. Il m’a encore demandé de rester un moment.

Je suis resté près de lui quelques minutes. Son petit oiseau l’aidait à imaginer le noir autrement, et j’étais toujours là quand il avait besoin d’être rassuré.

À garder sous la main

La situation

Votre enfant a peur du noir et vos explications ne suffisent pas.

À essayer

Nous savons que c’est une histoire, et moi je reste là pour t’aider. » « Tu préfères laisser le dessin près de la lampe ou l’emporter jusqu’à la porte ? »

  • « Tu as eu peur. Tu veux me raconter ce que tu as imaginé ? »

À garder en tête : La peur ressentie est réelle, même si ce qui l'a déclenchée est imaginaire.