Pendant la sieste de Malo, mon fils de presque trois ans, j’avais fait du tri. Un sac de jouets avait quitté la maison et le salon ressemblait enfin à une pièce où l’on pouvait marcher.
Au réveil, il a cherché son petit autobus jaune.
C’était précisément celui que j’avais donné. Je ne l’avais pas vu jouer avec depuis des semaines. Mon enfant, lui, savait très bien où il devait être.
« Il est où, mon bus ? »
J’ai eu une seconde pour choisir entre « je ne sais pas » et ce qui s’était réellement passé.
Le jouet absent raconte aussi une décision
J’ai dit que je l’avais donné parce que je pensais qu’il ne s’en servait plus. Malo a répondu qu’il devait emmener les animaux au garage.
J’avais évalué un objet délaissé. Lui retrouvait un morceau de son jeu au moment où il en avait besoin.
Le problème n’était pas seulement que nos critères différaient. J’avais pris la décision pendant son sommeil, puis compté sur le fait qu’il ne remarquerait rien. Mon rangement reposait, assez discrètement, sur son oubli.
Il n’était pas nécessaire de garder tous les jouets pour reconnaître cela. Je pouvais vouloir moins d’objets dans la maison et admettre que je m’étais trompée en choisissant seule ce départ-là.
Dire ce qu’on a fait, sans inventer un retour
J’ai dit que j’aurais dû lui en parler. Je ne pouvais pas lui promettre de récupérer le bus : il avait déjà été donné à quelqu’un d’autre.
Je n’ai pas ajouté qu’il devait être heureux pour le nouvel enfant. La générosité des adultes ne rend pas immédiatement agréable la disparition d’une affaire à soi.
Malo était fâché. Je pouvais l’entendre sans remplacer aussitôt le bus par un achat destiné à faire cesser ses protestations.
Pour le prochain tri, nous pouvions commencer par quelques objets seulement, nommer ceux qui partaient et garder un temps pour vérifier le choix avant de donner le sac. Pas pour organiser un vote sur chaque pièce du salon : pour que les décisions concernant ses jouets ne se passent plus entièrement dans son dos.
« Nous avons besoin de place. On va regarder ensemble lesquels peuvent partir. »
Ce jour-là, j’ai laissé le garage accessible et proposé de chercher un autre véhicule pour les animaux. Malo a refusé, puis retrouvé un camion.
Le camion n’effaçait pas le bus. Et la prochaine sieste ne serait pas une occasion de terminer le tri en cachette.
À garder sous la main
La situation
Vous avez donné un jouet que votre enfant n’utilisait plus, puis il le réclame ?
À essayer
Pour le prochain tri, nous pouvions commencer par quelques objets seulement, nommer ceux qui partaient et garder un temps pour vérifier le choix avant de donner le sac.
- « Tu aurais besoin de quoi pour que ce moment soit un peu plus facile ? »
À garder en tête : La fatigue, l'âge et les besoins de sommeil varient : une routine est un outil, pas une obligation absolue.




